Retour sur les 10 ans du titre de Champion de France

« En ce dimanche ensoleillé du 24 juin 2012, la troupe du RCBA
venait de terrasser l’ogre Gaillacois » (article de Max Roudier)

Ils l’ont fait ! Sur les coups de 17 h, en ce dimanche ensoleillé du 24 juin 2012, la troupe du RCBA venait de terrasser l’ogre Gaillacois. La joie des joueurs, des entraîneurs, des dirigeants, bénévoles, etsupporteurs tous réunis en grappes qui se faisaient et se défaisaient comme autant de mauls, autant de mêlées spontanées, enlacements d’hommes et de femmes vêtus de noir, riants, pleurant,communiant dans ce moment d’extase unique : un titre de champion de France

Le bonheur était d’autant plus grand qu’il avait fallu trimer dur pour en arriver là. Trois ans de galères ponctuées par des éliminations à la dernière minute, ou sur un match raté ; deux saisons à finir 1er mais à ne pas monter suite à un changement de règlement. Et puis cette année, ce suspens insoutenable pour la montée, l’équipe semblait encore promise à l’élimination dans cet après midi d’un dimanche de mai qui se prenait pour novembre. Alors sur une énième charge du pack, dans les arrêts de jeu, la pénalité de la délivrance bottée par Jeff Courty, faisait chavirer de bonheur les travées du Stade Gilbert Moga.

Si l’essentiel était assuré, il restait à faire de ce gâteau une oeuvre d’art, y ajouter la crème, le glaçage et la cerise. Les joueurs en voulaient plus, ils voulaient faire comme leurs homologues de la réserve l’an passé : aller chercher le bout de bois !

Alors les matches se sont enchaînés, où la domination initiale faisait place à la fébrilité, mais toujours compensée par un engagement sans faille, une lutte de tous les instants, une solidarité et un esprit de groupe hors pair sous la houlette de Thierry Santurenne, le capitaine valeureux, relai et courroie de transmission du duo d’entraîneurs Xavier Blond et Franck Cather.

Et, comme si tous les coups de malchance avaient été épuisés au cours des années précédentes, le petit coup de pouce du destin venait aider à franchir victorieusement le ¼ de finale contre Gourdon, match au cours duquel les Lotois laissèrent passer leur chance en commettant une inutile brutalité dans les arrêts de jeu, permettant au RCBA d’égaliser miraculeusement, puis, après de stériles prolongations, s’imposer aux tirs au but ! L’équipe du Bassin avait eu chaud, mais elle avait encore été frappée de malchance en perdant, sur une très grave entorse, leur emblématique arrière Patrick Caumont, auteur d’une saison exceptionnelle, et dont la sortie avait semblé déstabiliser l’équipe.

La demi-finale aurait dû être une formalité, tant la domination des maritimes avait emporté les Tourangeaux tout au cours de la 1ère mi-temps, mais, une fois de plus, une blessure – celle du 2ème ligne Bado – semblait fragiliser l’édifice qui tremblait à l’occasion d’un essai en contre. On méditait alors sur toutes ces occasions ratées, ces ballons tombés dans l’en-but à plusieurs reprises, mais le drop de Rieger délivrait joueurs et spectateurs, sous le beau soleil printanier qui inondait le stade champêtre de Puilboreau

Après que les Gaillacois eussent refusé le stade de Trelissac, au motif qu’il était trop éloigné de leurs bases, et que soit désigné le stade de Villeneuve / Lot, on comprit que la guerre psychologique était commencée. Fort du soutien de la Presse, Nationale et régionale, qui décrivait cette équipe de Gaillac comme invincible, assuré du soutien de nombreux supporters, et de celui plus médiatique de Bernard Laporte et Vincent Moscato, le club du Tarn pensait ne faire qu’une bouchée de son adversaire du jour, une simple formalité avant le titre.

Le 1er maul semblait leur donner raison, l’armada Tarnaise faisant reculer l’adversaire sur plus de 30 mètres ! Mais ce fut la dernière fois que le RCBA recula, et la vaillance, l’engagement, et l’adresse de ses buteurs fit le reste. Puisqu’il fallait du suspens on en eut dans les dernières minutes. En effet on
se demande encore comment Villa, l’ailier du RCBA, seul dans l’en-but pût lâcher le ballon qu’il voulut poser à une main ! Et que dire de ce trois contre un négocié au pied par Gaillac dans les arrêts de jeu, et qui vit un Tarnais commettre l’irréparable en-avant au moment d’aplatir.

Douche écossaise, chaud et froid dans la fournaise lotoise, les hommes du Bassin pouvaient communier, joueurs, supporteurs et dirigeants mêlant leurs larmes et leur sueur, dans un moment de communion que seul le rugby peut provoquer à ce point. Les Présidents Didier Carpentey et Bruno Charbonnier laissaient leur émotion prendre le dessus, ils pouvaient être fiers de leur saison, et de tout le parcours effectué depuis la fusion

Reste maintenant à préparer la prochaine saison, et les nouvelles joutes de la fédérale 2. En route pour de nouvelles aventures.